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Radioprotection médicale : expositions en radiodiagnostic

La très grande majorité des diagnostics à base de rayonnements (radiographies, radioscopies, scanners) utilisent des rayons X ou gamma. Ces rayons proviennent des couches les plus profondes de l’atome ou sont générés par des accélérateurs de particules. Ils ne sont pas issus des noyaux et liés la radioactivité. Quand la santé est en jeu, l’origine des rayonnements, chère au physicien, devient secondaire. C’est la dose reçue qui compte pour le patient ou le médecin.

Doses pour des examens au scanner
Doses efficaces typiques (en millisieverts) pour des examens au scanner. On voit que ces examens devenus courants en raison de la qualité des diagnostics qu’ils offrent sont beaucoup plus irradiants que de simples radiographies. Il faut recourir au scanner quand il apporte une information utile par rapport aux diagnostics classiques.
© IN2P3 (Source : K.G.Gerber, adapté de UNSCEAR 2000)

En moyenne, le nombre de ces examens est environ de 1 par an et par habitant dans les pays développés. Les examens de loin les plus fréquents sont les radiographies de la poitrine et des membres et articulations, dont les doses sont faibles ou modérées.

Dans la hiérarchie des doses, les radiographies classiques comme des clichés du thorax sont peu irradiantes : une fraction de millisievert (mSv). Certains radio-protectionnistes évaluent le risque d’une radio dentaire – 0,020 mSv – équivalent à celui encouru en fumant une seule cigarette. Les radios de la colonne vertébrale, du bassin, du système digestif sont plus irradiantes.

Au sommet de la hiérarchie, on trouve les scanners qui sont des examens aux rayons X à angles multiples, les angiographies et les procédures interventionnelles où l’intervention du chirurgien est guidée par une caméra à rayons X.

Comme pour la médecine nucléaire, une attention toute particulière est consacrée aux aspects de radioprotection, ce qui a permis de réduire considérablement les doses reçues par le patient, ainsi que par le personnel médical (on se souvient de la maladie des premiers radiologues qui s’exposaient aux rayons sans en connaître les dangers).

Doses en rayons X
Estimation de la fréquence et des doses efficaces moyennes des examens radiologiques durant la période 1991-1996. Il s’agit de moyennes. Dans le cas des procédures interventionnelles, les doses sont très variables d’une intervention à l’autre.
© UNSCEAR (Adapté de UNSCEAR 2000)

Des précautions plus particulières sont à prendre dans les cas suivants :
– En pédiatrie : en raison de la grande sensibilité de l’organisme en période de croissance.
– Examens au scanner: en raison de doses relativement élevées et de caractère de plus en plus fréquents de ces examens.
– Angiographie: (radiographie du système veineux) en raison de doses relativement élevées pour le patient.
– Radiologie interventionnelle : en raison de l’exposition relativement élevée pour le malade et le médecin.
– Radiographie du bas du gros intestin et, à un degré moindre, de la colonne lombaire, du bassin et de la hanche : en raison de la proximité des organes génitaux et de la possibilité d’effets génétiques.
– Examens de dépistage: mammographies, poumons, estomac en raison du nombre important de personnes impliquées.