Sievert et millisievert
Une unité pour de faibles doses de radioactivité.
Lors d’accidents de radioactivité ou nucléaires, il est question de millisieverts (mSv). Qu’est-ce qu’un millisievert ? Que représente cette unité, mystérieuse pour le profane, généralement associée à des effets néfastes pour la santé.
Le millisievert est une unité de radioprotection mesurant la dose de rayonnements reçus qu’ils soient d’origine radioactive ou proviennent d’autres sources comme les rayons X de la médecine. Il s’agit généralement d’une dose efficace, dite corps entier, mais il peut s’agir aussi d’une dose reçue par un tissu ou organe particulier (dose équivalente).
Le millisievert est l’unité utilisée dans le domaine des très faibles doses. Par exemple, nous ne sommes pas très radioactifs en tant qu’êtres humains, mais la dose que nous subissons due à la radioactivité de nos corps, s’élève à 0,25 millisievert ou mSv. Une dose de 1 mSv (1 millisievert) ne devrait donc pas générer une angoisse excessive. Des effets pour la santé n’ont été observés qu’au delà de 100 mSv et il faut des doses de milliers de millisieverts pour conduire à des lésions pouvant être mortelles à court terme.
En radioprotection, la réglementation distingue trois sortes de millisieverts : les millisieverts dus à la radioactivité naturelle, les millisieverts dus à l’imagerie médicale, les millisieverts dus à d’autres causes.
Les millisieverts dus à la radioactivité naturelle échappent à toute réglementation. La dose moyenne due à la radioactivité naturelle est de 2,4 mSv en France, mais elle varie d’un endroit à l’autre. Elle peut atteindre une dizaine de mSv, voire davantage dans certaines régions du monde comme les plages du Kérala en Inde ou certaines régions du Brésil ou d’Iran.
Les millisieverts de l’imagerie médicale sont en augmentation en raison du développement des techniques de diagnostics. En France, ils s’approchent de 2 mSv en moyenne par an. Au Japon, le pays avec le plus de centenaires, la moyenne est de 5 mSv par an. Ces expositions varient grandement avec l’état de santé. Un scanner de l’abdomen expose à 10 mSv, une scintigraphie du myocarde au thallium peut aller jusqu’à 30 mSv. Il n’y a pas de limites pour des diagnostics qui peuvent dépister un cancer ou sauver des vies. Par contre, ces examens doivent être justifiés et optimisés. Les progrès en matière de détection sont la meilleure arme pour la réduction de ces doses.
La réglementation limite les millisieverts dus à d’autres causes à 1 mSv par an pour le public en général. En dehors des situations accidentelles ces doses de troisième type sont très inférieures à cette limite. Par exemple la dose résultant d’un vol Paris-New York est de 0,030 mSv, l’impact du nucléaire en France est voisin de 0,010 mSv par an.
Les cellules de notre corps ne font aucune distinction entre les trois sortes de millisieverts. Une limite supérieure de 1 mSv pour les doses de troisième type peut sembler illusoire si les doses naturelles ou issues de la médecine varient facilement de plusieurs millisieverts d’un endroit à un autre où d’une personne à l’autre. C’est comme si lors d’un contrôle d’alcoolémie, la gendarmerie verbalisait le bol de cidre et fermait les yeux sur le calvados ou le whisky !
La limite règlementaire pour les doses du troisième type a été abaissée au fil des ans pour atteindre aujourd’hui la valeur très basse de 1 mSv. L’objectif de cette limite est de réduire l’exposition à des doses sans danger, notamment dans le cas d’un accident comme celui de Fukushima . Cet objectif découle du principe de précaution, mais il faut garder en mémoire que pour des doses de l’ordre du millisievert effectivement très faibles , les effets pour la santé le sont aussi. Ces effets non avérés ne doivent pas être sources d’angoisse excessive.
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