LARADIOACTIVITE.COM

Une base de connaissances grand public créée et alimentée par la communauté des physiciennes et physiciens.

La principale source d’expositions non naturelles

Révision éditoriale 2026

En dehors de la radioactivité naturelle, la principale source d’exposition aux rayonnements est due aux diagnostics médicaux et aux thérapies. L’exposition aux rayonnements pour des diagnostics varie énormément en fonction de l’état de santé, de 0 pour une personne qui n’ira pas voir le médecin à plusieurs dizaines de millisieverts (mSv) pour une personne qui devra subir plusieurs scanners.

Répartition par modalité d’imagerie des actes diagnostiques et de la dose efficace collective. Source : Michel, C., Sage, J., & Isambert, A. (2025). Exposition de la population aux rayonnements ionisants due aux actes d’imagerie médicale diagnostique réalisés en France en 2022 (Rapport d’expertise ExPRI). Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Disponible sur le Portail Hal-ASNR.

 

Contribution à la dose des différents examens médicaux
C’est la radiologie conventionnelle et dentaire qui est largement majoritaires en
nombres d’actes réalisés. On voit que ce sont les examens scanographiques qui
contribuent largement à la dose efficace pour la population.
Source : Michel, C., Sage, J., & Isambert, A. (2025). Exposition de la population aux rayonnements ionisants due aux actes d’imagerie médicale diagnostique réalisés en France en 2022 (Rapport d’expertise ExPRI). Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Disponible sur le Portail Hal-ASNR.

L’irradiation en médecine est bien davantage due à l’utilisation des rayons X pour les radiographies qu’à la radioactivité proprement dite. Il est plus exact de parler de rayonnements que de radioactivité, même si le logo de la radioactivité orne les cabinets des radiologues. C’est une disposition réglementaire. Mais, pour le malade comme pour le médecin, c’est l’effet des rayonnements et non leur origine qui
compte.
En diagnostic, les rayons X utilisés sont produits par un générateur de rayonnements. Les rayons d’un scanner proviennent d’un petit accélérateur, ce qui permet de mieux les diriger. Dans le cas de diagnostics nucléaires, comme les scintigraphies, les rayons gamma sont d’origine radioactive. Mais X ou gamma, la détection de ces rayons est analogue.

En thérapies – radiothérapies ou thérapies nucléaires – on a recours à l’effet des rayonnements ionisants. Tous les rayonnements, quelle que soit leur origine, finissent par déposer leur énergie en « ionisant« la matière vivante. Les radiothérapeutes utilisent des rayons X ou des électrons de quelques MeV produits par un accélérateur. En thérapie nucléaire, les rayonnements peuvent être d’origine radioactive comme les curiethérapies, ou fournis par un accélérateur. Il y a des applications spécifiques comme l’utilisation de protons (protonthérapie).

On peut également réaliser de la radiothérapie interne vectorisée (RIV). On injecte une activité importante au patient pour traiter les tumeurs au plus près. Pour les traitements thyroïdiens on utilise de l’iode-131 radioactif. Aujourd’hui de nouveaux radionucléides apparaissent. On peut citer le Lutétium-177 et les émetteurs alpha de courte période qui vont connaître un fort développement (Pb-212, Bi-213, Ac-225, Ra-223, Ra-224, etc…).
Personne n’aurait l’idée de remettre en cause les progrès de la médecine qui ont pour effet l’allongement de la durée de vie, progrès dus, pour une large part, aux irradiations nécessitées par les rayons X, des simples radiographies au scanner, et par la médecine nucléaire d’aujourd’hui. C’est, au fil des années, la mise au point de détecteurs de plus en plus sensibles, qui a permis de réduire l’exposition aux rayonnements pour une même qualité de résultat.

 

Évolution de la dose efficaceannuelle moyenne par bénéficiaireentre 2002 et 2022. En 2002, la dose correspondait à 0,8 mSv par an et par habitant (en moyenne). Depuis 2012 nous sommes à une valeur qui a doublé (1,6 mSv) et qui correspond à environ 25 à 30 % de l’ensemble de l’exposition de la population. Source : Michel, C., Sage, J., & Isambert, A. (2025). Exposition de la population aux rayonnements ionisants due aux actes d’imagerie médicale diagnostique réalisés en France en 2022 (Rapport d’expertise ExPRI). Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Disponible sur le Portail Hal-ASNR.

On peut également faire une répartition des doses en fonction du sexe de la population.

Fréquence de réalisation des actes (toutes modalités)selon la classe d’âge et le sexe (exprimée en nombre d’actes pour 1000 bénéficiaires). Source : Michel, C., Sage, J., & Isambert, A. (2025). Exposition de la population aux rayonnements ionisants due aux actes d’imagerie médicale diagnostique réalisés en France en 2022 (Rapport d’expertise ExPRI). Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Disponible sur le Portail Hal-ASNR.

 

Dose efficace annuelle moyenne par bénéficiaireselon la classe d’âge et le sexe. On constate qu’il y a plus d’actes pour les femmes. Cela correspond aux campagnes de dépistage nationales pour le cancer du sein, de l’ostéoporose, notamment. Mais on note qu’en terme de dose, ce sont les messieurs qui sont plus exposés. La mammographie et l’ostéodensitométrie sont des examens peu dosants, contrairement au traitement du cancer de la prostate par exemple.
Source : Michel, C., Sage, J., & Isambert, A. (2025). Exposition de la population aux rayonnements ionisants due aux actes d’imagerie médicale diagnostique réalisés en France en 2022 (Rapport d’expertise ExPRI). Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Disponible sur le Portail Hal-ASNR.