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Dans nos verres et dans nos assiettes ….

Une publicité passée de mode …
On n’échappe pas à la radioactivité. Les roches granitiques sont légèrement radioactives du fait de la présence du thorium, de l’uranium et de leurs descendants. Une source thermale célèbre s’en glorifiait à l’époque où la radioactivité avait bonne presse. Soixante-dix ans après, une autre source de la région préférait s’en remettre au sourire d’un populaire footballeur sur fond de volcans d’Auvergne, pour vanter l’excellence de son eau. Toutes ces eaux de sources n’en restent pas moins excellentes, les niveaux de radioactivité sont minimes comme ceux des aliments.
© ANDRA

Il nous est impossible d’échapper à la radioactivité en respirant et en nous déplaçant. Il est aussi impossible d’y échapper en mangeant. Tous nos aliments sont un peu radioactifs, car ils contiennent des éléments comme du carbone-14 et du potassium-40, des isotopes radioactifs inséparables du carbone et du potassium naturels.

Les aliments sont naturellement radioactifs !
Les aliments que nous consommons sont légèrement radioactifs, comme en témoignent ces activités relevées pour ces aliments courants. Des activités de quelques centaines de becquerels (bq) par kilogramme ou par litre peuvent sembler élevées. A titre de comparaison, l’activité de notre corps s’élève à plusieurs milliers de becquerels : 8000 (Bq) pour un homme de 70 kg.
© IN2P3 (Source : G.Gerber)

L’eau de source que nous buvons est radioactive. Avant de jaillir du sol, elle a dissous des sels minéraux venant des roches rencontrées sur son chemin dont certaines contiennent des radioéléments. Les eaux les plus radioactives proviennent des régions granitiques ou volcaniques dont les roches renferment un peu d’uranium et de thorium accompagnés des éléments radioactifs de leur descendance. Cette radioactivité est très variable.

Un bilan de l’IRSN de 2015 évalue à 0,55 mSv par an l’exposition moyenne en France due à l’eau et aux aliments.

Aux États-Unis, l’activité radioactive moyenne de l’eau consommée dans les foyers est de 18,5 becquerels par litre (Bq/litre). Ces activités, comme celles des aliments, sont inoffensives étant donné que le becquerel est une unité très petite. La législation impose des limites sur l’activité des aliments, des limites prudentes car en raison de l’incertitude sur l’effet des faibles doses, on applique le principe de précaution.

Analyse d’une eau de source
Les eaux sont légèrement radioactives du fait d’éléments minéraux radioactifs des roches traversées dissous à l’état de traces. On a évalué ici, pour une eau de source, la dose d’exposition annuelle à la radioactivité, d’un nourrisson qui aurait bu un litre de cette eau tous les jours pendant un an. Il s’agit d’une exposition maximale, les nourrissons étant plus sensibles que les adultes aux rayonnements. Les contributions des radioéléments à la dose annuelle sont évaluées en millionièmes de sieverts.
© IN2P3 (Source H. Vanmarcke)

Après, l’accident de Tchernobyl, il a été reproché aux autorités françaises de radioprotection d’avoir laissé consommer des aliments dont l’activité dépassait les normes admises. Ces dépassements ont été probablement trop ponctuels pour avoir eu des effets significatifs, mais le manque de transparence, l’impression que l’on cachait les risques, ont altéré la confiance que l’on accordait aux experts, un désastre psychologique dont les conséquences se font encore sentir.

Un autre exemple de ces craintes est celles qui entourent l’irradiation par des sources radioactives de certains aliments, une technique efficace utilisée pour les stériliser sans en changer le goût. L’irradiation ne laisse aucune séquelle radioactive et n’a aucun effet nocif comme en attestent les documents de l’OMS. Pour le poivre et les épices qui présentent des risques sanitaires importants de contamination bactérienne quand ils ne sont pas stérilisés, l’irradiation était jusqu’à une date récente utilisée. Un règlement a rendu obligatoire la mention « stérilisé par ionisation ». De peur d’un rejet de la part de leurs clients, certains fabricants y ont renoncé et utilisent des procédés moins efficaces.

Quelques limites maximales …
Limites maximales admises dans la communauté européenne pour divers éléments radioactifs selon la nature des aliments. Ces limites sont données en termes d’activités (becquerels) ramenées à un kilogramme. Plus le radioélément est toxique ( ce qui est le cas des émetteurs alpha comme le plutonium) plus les activités doivent être faibles. C’est dans le cas de la nourriture pour bébé que les limites sont les plus strictes. Dans le cas d’aliments dont on consomme peu (moins de 10 kilogrammes par an) on admet des activités jusqu’à dix fois supérieures à celles indiquées.
© IN2P3/ (Source : G.Gerber)

Comme pour l’alcoolémie au volant, les limites sur la radioactivité des éléments ont été revues à la baisse depuis une quinzaine d’années : on accroît les marges de sécurité ce qui revient à surestimer les risques. Cette démarche faite pour rassurer et qui s’applique surtout à l’ingestion d’aliments contaminés a eu pour effet d’augmenter les angoisses qui entourent les effets de la radioactivité et des rayonnements ionisants.