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DECHETS RADIOACTIFS

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Déchets : perspectives

Recherches et développements sur les déchets radioactifs

Quand la quantité des déchets radioactifs était encore faible, on pouvait se contenter de solutions rustiques comme l’immersion en mer de colis radioactifs. On s’en remettait à la dilution et au temps pour atténuer les effets. Ensuite le volume croissant des déchets de haute activité conduisit à renoncer à cette solution. Avec la montée des préoccupations écologiques, on prit en compte des mécanismes d’éventuelles remontées vers la chaîne alimentaire. Beaucoup d’efforts furent faits pour éviter tout contact de la radioactivité avec l’homme. Le nucléaire est sans doute l’industrie qui a pris le plus de soins de ses déchets. Le niveau de confinement de la radioactivité atteint aujourd’hui assure probablement une protection suffisante pour les déchets produits à ce jour.

Cependant, malgré les progrès accomplis, il reste à définir le devenir final des déchets les plus radioactifs. Qu’en faire si l’énergie nucléaire doit être abandonnée et plus encore si elle doit être développée ? En raison des craintes d’une opinion peu informée, les gouvernements ont différé la prise de décisions avec le risque de paralysie et d’incompréhension que cela comporte.

Des efforts sont entrepris dans de nombreux pays pour améliorer le traitement des déchets et surtout définir ce que l’on fera des plus radioactifs. En France, les recherches ont été initialement organisées dans le cadre de la loi du 31 décembre 1991, la loi Bataille. Les recherches sont orientées vers trois grandes directions, encore appelées axes. La France est active dans le domaine et de ce fait souvent prise comme modèle.

Trois axes de recherche
Les trois voies de recherches définies en 1991 par la loi Bataille ont pour but de répondre aux questions posées par les déchets radioactifs et d’offrir une panoplie de moyens de gestion. Elles sont complémentaires. La première explore les possibilités de tri et de destruction de certains atomes radioactifs, la seconde porte sur le stockage profond de déchets de haute activité qui sera inévitable. La troisième vise à améliorer le conditionnement des déchets et à permettre de longs entreposages .
© IN2P3 ©

L’axe N°1 porte sur la séparation et la transmutation : Comment isoler certains corps radioactifs et comment les transformer par des réactions nucléaires pour atténuer ou éliminer leur radioactivité.

L’axe N°2 porte sur le stockage de déchets de haute activité à vie longue : Trouver et étudier le comportement de couches géologiques profondes à même d’accueillir en toute sécurité ces déchets.

L’axe N°3 traite du conditionnement et de l’entreposage : Comment améliorer encore l’immobilisation des atomes radioactifs ; étudier la possibilité d’étendre sur de longues durées – jusqu’à 300 ans – les entreposages pratiqués aujourd’hui de ces déchets.

La loi Bataille avait prévu d’effectuer en 2006 un bilan des recherches entreprises. En 2006, une année charnière, les conclusions scientifiques furent présentées au Parlement, qui formula un nouvelle loi. La principale nouvelle disposition de la loi de 2006, a été la décision de principe de construire pour les déchets nucléaires un site de stockage dans des couches géologiques profondes. Cette décision est à l’origine du projet de stockage CIGEO dans l’argile du Bassin Parisien, à proximité du laboratoire de Bure aux confins des départements de la Meuse et de la Haute-Marne. La construction de ce site doit encore être approuvée par le parlement.

Le Japon est un autre grand pays nucléaire à avoir légiféré. En 2001, le Parlement japonais a autorisé la construction d’un site de stockage souterrain pour les déchets de haute activité à vie longue, au nord de Tokyo. Les États-Unis, où les combustibles irradiés de 106 réacteurs sont entreposés dans des piscines, ne verront pas démarrer la construction d’un premier grand site de stockage, depuis l’abandon du projet de Yucca Mountain en 2009. En Europe, la Suède qui a déjà construit un site d’entreposage souterrain pour le combustible usé pourrait être la première à disposer d’un site de stockage.

 

 

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