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Le compactage pour les coques et embouts …

Coupe d’un conteneur de déchets MA-VL compactés
Le conteneur en acier inoxydable à droite a pour hauteur 1 m 335, pour un diamètre de 43 cm. Le volume du colis est de 183 litres, sa masse d’environ 700 kg dont 600 de déchets et 92 kg pour le conteneur.
© AREVA

Les gaines en alliage de zirconium qui enrobent les pastilles d’oxyde d’uranium ont été fortement irradiées lors du passage en réacteur. Bien que le zirconium soit transparent aux neutrons, ces gaines sont devenues radioactives. Leur niveau de radioactivité est suffisamment élevé pour que ces matériaux soient considérés comme des déchets de moyenne activité à vie longue ou MAVL.

Lors du retraitement, les gaines sont séparées des grilles et embouts qui les maintiennent ensemble, puis cisaillées par fragments de 3,5 cm qui tombent dans un bain d’acide nitrique. Après dissolution des pastilles de combustible, les fragments métalliques sont rincés, collectés, puis entreposés sous eau en attendant leur conditionnement.

Compactage
Les coques et embouts destinés à devenir des déchets B (moyenne activité à vie longue) sont répartis dans des étuis puis compactés. Les galettes ainsi obtenues sont empilées dans un conteneur en acier inoxydable (CSD-C).
© AREVA/DR

Les coques et embouts sont alors placés dans des étuis, pour être compactés sous forme de galettes. Les galettes sont empilées dans un conteneur de même forme et de mêmes dimensions que le conteneur utilisé pour les déchets vitrifiés.

Les Conteneurs Standards de Déchets Compactés ou CSD-C contiennent 90 % de coques et d’embouts et environ 10 % de déchets solides divers d’exploitation. Le principal contributeur à la radioactivité est le nickel-63, un émetteur bêta et gamma à vie longue, ce qui conduit à classer ces déchets comme de moyenne activité à vie longue .

Le recours à un standard commun pour les conteneurs simplifie les manutentions et l’entreposage. Dans le futur, elle facilitera le stockage. Un atelier de Compactage des Coques a constitué à partir de 2002 une avancée considérable par rapport aux conditionnements précédents à base de bitume ou de ciment.

Le compactage a réduit beaucoup le volume des déchets MAVL générés par le retraitement des combustibles usés. Il faut compter un colis de 183 litres et de 700 kg de coques et d’embouts compactés par tonne de combustible usé (métal lourd), soit 850 colis par an pour les 850 tonnes de combustibles français traités par an.

Avant le compactage, ciment ou bitume …
Le compactage a amélioré le conditionnement et réduit le volume des déchets MAVL. Auparavant ces déchets étaient enrobés dans un matériau inerte, cimentés ou bitume. Entre 1990 et 1995, les coques et embouts étaient regroupés dans un fût en acier inoxydable qui était ensuite rempli avec un coulis de ciment, puis décontaminé avant d’être muni de couvercles. Les fûts étaient ensuite stockés dans un atelier d’entreposage (vignette de droite).
© AREVA

Les colis de déchets compactés sont des colis froids qui ne dégagent qu’une vingtaine de watts – le cinquième d’une ampoule électrique de 100 W – au moment de leur production. Ils ne présentent pas de risque radiologiques. En attendant qu’une décision soit prise sur leur futur définitif, ils sont entreposés sur le site de la Hague dans un entrepôt de déchets compactés construit à cet effet.

Autres déchets MAVL : déchets cimentés et bitumes, produits technologiques

Issues des opérations de retraitement, des effluents et des boues de faible et moyenne activité constituent une autre source de déchets MAVL. Les effluents sont décontaminés par co-précipitation chimique dans l’installation STE3 de la Hague depuis 1989. Les précipités (boues déshydratées) fixant l’activité de ces effluents y sont par la suite enrobés dans du bitume, et conditionnés en fûts inox. La nouvelle gestion des effluents mise en œuvre à La Hague réduit aujourd’hui la quantité d’effluents traités dans STE3, et donc le nombre de fûts de bitume produits qui leur correspondent.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) estime que les colis bitumés qui représentent 18% du volume prévus dans CIGEO ne pourraient être stockés dans l’état. Bien que le risque soit faible dans un environnement confiné, ces matières sont inflammables. L’ANDRA a proposé en 2019 d’autres options pour ces colis, dont un autre conditionnement.

Certains déchets dits technologiques riches en émetteurs alpha se caractérisent par de fortes teneurs en matières organiques (susceptibles de produire des gaz). Un projet en cours de l’ANDRA, d’AREVA et du CEA a pour objectif la mise au pont d’un procédé d’incinération par torche à plasma, permettant de minéraliser ces manières organiques et d’en incorporer les cendres dans une matière vitreuse. Le volume de ces déchets serait considérablement réduit et le risque lié au gaz éliminé. Selon l’ANDRA, ce procédé pourrait permettre de traiter 4 700 m3 de ce déchets d’ici 2040.