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Panorama de la gestion des déchets hors de France

Centre de stockage espagnol de déchets de faible activité (FMAVC)
Centre de stockage d’El Cabril (Espagne). Situé au nord-ouest de la province de Cordoue, ce centre de stockage des déchets de faible et moyenne activité à vie courte est en exploitation depuis 1992.
© ANDRA ©

La gestion des déchets les moins radioactifs est la plus avancée, à l’étranger comme en France. Plusieurs pays possèdent des centres de stockage semblables aux centres de stockage de l’Aube ou de la Manche pour les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (déchets FMAVC).

La plupart des installations sont en surface. D’autres sont à faible profondeur, comme en Suède le centre de stockage SFR creusé dans le granit à une profondeur d’environ 50 mètres. La Finlande a mis en service en 1992 et 1998 deux centres de stockages à faible profondeur construits à l’aplomb de deux centrales nucléaires. Aux États-Unis, l’option choisie est celle du stockage à faible profondeur après entreposage en surface.

Pour les déchets de moyenne activité à vie longue (déchets MAVL), la gestion est moins avancée. Au Royaume Uni, ils sont entreposés sur les sites où ils sont générés. Seule une faible proportion d’entre eux étant conditionnés. Au Japon, ils seront stockés sur le site de Rokkasho-Mura, dans une installation souterraine à une profondeur comprise entre 50 et 100 mètres.

Vers le stockage des déchets de haute activité ?
Ce tunnel d’accès principal à perte de vue donne une idée des dimensions – à l’échelle de la première puissance mondiale – qui auraient du être celles du site de stockage de Yucca Mountain. Le projet, situé sous une montagne du Nevada, fut abandonné en 2009. Faute de solution, les combustibles usés et les déchets militaires restent entreposés près des réacteurs ou dans des installations spécialisées.
© DOE ©

La gestion des déchets de haute activité est beaucoup moins avancée. Il existe un consensus entre les experts pour le stockage en couches géologiques profondes, solution qui leur apparaît nécessaire, faisable et sûre dans son principe. Les projets n’ont pas le plus souvent dépassé la phase d’évaluation des couches géologiques. Confrontés à un problème d’acceptabilité pour le public, ils sont soumis à l’approbation de parlements, voire d’instances locales. Par exemple, la France a du renoncer à des études sur les couches granitiques du fait d’oppositions locales et a du recourir pour ces études aux résultats obtenus dans les pays scandinaves où les recherches étaient acceptées.

Dans cette situation d’attente, l’entreposage est la règle dans tous les pays concernés. Ces installations permettent de garder les combustibles usés ou les déchets sous surveillance dans l’attente d’un stockage géologique. Il permet aux matières radioactives de refroidir. Les combustibles usés sont soit entreposés auprès des centrales, soit regroupés dans de grandes installations ou les deux à la fois. Les solutions techniques pour le conditionnement des matières et des déchets radioactifs et leur entreposage provisoire dans des installations sûres et contrôlées sont voisines dans les différents pays.

Les déchets vitrifiés sont également entreposés dans des installations à sec pour les pays qui pratiquent le retraitement. C’est le cas notamment du Japon. Les cas de l’Allemagne est intermédiaire : ayant interrompu le retraitement en 2005, elle doit entreposer dorénavant ses combustibles usés près de ses centrales et entreposer aussi les déchets vitrifiés.

Le projet suédois avec le projet finlandais est le plus avancé de tous les projets européens en raison d’un consensus remarquable et envié. Il a atteint le stade de la sélection entre deux sites de stockage acceptés par les populations.

Les États-Unis auraient dû être les premiers à disposer d’installations de stockage : c’était le projet pharaonique de Yucca Mountain, dans le désert du Nevada. Ce projet a été abandonné par l’Administration Obama. Les États-Unis se retrouvent à la case départ avec leurs déchets entreposés auprès de leurs centrales, répartis dans leur immense territoire. En 2012, une commission, “The blue ribbon commission“, devait se prononcer sur le stockage des déchets et l’ensemble du cycle nucléaire.